Il s'agit de cinéma. Les salles de cinéma sont parfois inaccessibles aux personnes handicapées. On pense bien sûr en premier lieu à certaines salles qui ne sont pas équipées de rampe ou d'ascenseur. Mais il y a aussi les personnes qui sont exclues du cinéma en raison de troubles du comportement qui peuvent accompagner un handicap mental ou l'autisme ou certains polyhandicaps. Ces personnes peuvent avoir des réactions incontrôlables, des interventions à haute voix, voire des cris, des applaudissements ou des rires à contretemps qui peuvent gêner effectivement les autres spectateurs qui veulent voir le film qu'ils ont choisi dans les meilleures conditions. Oui, on comprend que c'est difficile. Difficile ne veut pas dire impossible, c'est ce qu'a démontré une association qui s'appelle " Cinéma Différence ". Cette association " Cinéma Différence " a imaginé des séances spéciales où peuvent se rendre les personnes handicapées et leurs accompagnateurs, mais aussi d'autres spectateurs, à cette différence près qu'ils sont prévenus. Durant ces séances, pour reprendre les mots de l'association, la norme c'est nous, chacun sait que des publics différents sont mélangés : les réactions inattendues, les mouvements imprévus, les manifestations bruyantes constituent un aléa accepté. La salle doit être accessible aux personnes polyhandicapées comme à celles qui se déplacent difficilement, la fréquence doit être régulière. Le prix doit être normal, la programmation est adaptée, il ne s'agit pas de faire des films de seconde zone bien sûr, mais d'avoir des films qui sont en version française. Et ça se passe comment ? En début de séance, la salle est mise très progressivement dans l'obscurité pour ne pas créer d'anxiété. Une courte intervention informe le public de possibles aléas. Pendant la séance, des bénévoles équipés de lampe torche sont placés à différents endroits. Ils constituent autant de repères en cas de stress ou de déplacements urgents. Les bénévoles aident les personnes qui en ont besoin à s'asseoir, à se lever, à se déplacer, à se diriger. Les effets sonores sont contrôlés. Une première séance s'est déroulée à Paris en mars 2005, depuis des séances de cinéma différentes ont eu lieu à Clermont, à Lyon, à Marseille, à Rouen, à Fontenay-sous-Bois, à Bordeaux. D'autres cycles de séance de cinéma adapté sont à l'étude. L'objectif est de créer un véritable réseau national. " Cinéma Différence " est parrainé par Sandrine BONNAIRE, bénéficie de partenariats privés et publics et agit sous l'égide de la FONDATION DE FRANCE. L'association peut aider des partenaires locaux à monter des séances, elles apportent un savoir-faire et la capacité de veiller au bon déroulement du projet. C'est ce que nous appelons une bonne pratique qui peut permettre à des personnes d'avoir la même chance d'aller au cinéma que les autres, et effectivement c'est le métier de la HALDE de promouvoir les bonnes pratiques. Vous nous rappelez les coordonnées de la HALDE ? On peut nous écrire au 11 rue Saint-Georges, 75009 Paris ou nous téléphoner au 08.1000.5000.

dimanche 03 février 2008

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