Trois questions à Ciné-ma différence Paris 19

Thierry Bonhomme, président de Loisirs Pluriel de Paris 19, présente l’association qui co-organise, avec Les Papillons blancs de Paris, les séances Ciné-ma différence à Paris 19.

Quelles sont les activités de l’association ?

Le réseau Loisirs Pluriel est un réseau d’associations de parents d’enfants handicapés. Parti de Rennes en 1992, il essaime progressivement en France.

Le réseau a trois raisons d’être. La première est d’apporter des loisirs aux enfants en situation de handicap. Faire en sorte qu’ils puissent participer à des loisirs avec des enfants valides et avec leurs frères et sœurs. Mais aussi qu’ils puissent un peu sortir du « confinement » du handicap.

La seconde raison d’être est de donner du répit aux parents. Nous constatons que dans la majorité des cas, les parents d’enfants handicapés, et notamment la maman, se privent assez rapidement d’une activité professionnelle et d’une activité sociale en général. Avoir des moments dans la semaine où l’on peut confier son enfant en situation de handicap à des personnes qui sont formées et expertes, cela permet de faire autre chose et de se concentrer sur des activités personnelles et professionnelles.

La troisième raison d’être est en rapport avec la mixité. C’est de faire en sorte que des enfants qui ne sont pas handicapés, dès leur plus jeune âge, soient mis en contact avec des enfants handicapés de telle façon que les barrières tombent le plus rapidement et le plus facilement possible. Avec l’objectif finalement de faire en sorte que la société de demain soit plus inclusive et bienveillante vis-à-vis des personnes en situation de handicap.

Pour répondre à ces trois missions, le réseau Loisirs Pluriel propose deux services.
Un premier service d’accueil de loisirs mixte qui accueille à parité des enfants entre 3 et 13 ans, le mercredi et durant les vacances scolaires, comme dans un centre de loisirs classique.
Et un deuxième service qui s’appelle Cap’Ados, qui accueille les adolescents de 13 à 18 ans. L’accueil ici se fait le samedi et pendant les vacances scolaires. L’accueil se fait en mixité toujours, même si elle est moins évidente à ces âges-là. Nous travaillons beaucoup sur l’aspect « fratrie » : faire en sorte que les frères et sœurs puissent faire une activité commune, comme aller au cinéma ou autre. Et puis il y a aussi le côté « copains ». Beaucoup d’enfants handicapés et non handicapés se lient d’amitié au centre de loisirs et ont envie de continuer à partager des moments ensemble une fois arrivés à l’âge de Cap’Ados.

Dans Paris, il y a deux associations Loisirs Pluriel. L’une basée dans le 13e arrondissement. C’est la première association Loisirs Pluriel de Paris à s’être créée en 2002. Une deuxième association a vu le jour un peu plus tard en 2005 dans le 19e arrondissement. C’est celle dont je suis le président et avec qui nous proposons chaque mois des séances Ciné-ma différence à l’UGC Ciné Cité Paris 19, en partenariat avec Les Papillons blancs de Paris.

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Dans cette association, nous portons les deux services : l’accueil de loisirs pour les enfants de 3-13 ans et Cap’Ados pour les 13-18 ans.Nous aimerions pouvoir apporter un service continu aux familles pour les 3-18 ans dans le 19e arrondissement. Nous y sommes donc à la recherche d’un local qui puisse accueillir les deux services.

Le centre de Loisirs Pluriel pour les 3-13 ans accueille 24 enfants, 12 en situation de handicap et 12 valides. Nous avons pour principe d’avoir toujours des petites structures, avec un petit effectif pour bien accompagner les enfants et s’adapter aux besoins de chacun, notamment pour ceux qui peuvent avoir des troubles du comportement et se sentir mal dans des grandes assemblées. Nous nous adaptons aussi à la capacité du local et de l’encadrement que l’on peut mettre en place. Cap’Ados, accueille huit adolescents handicapés et quatre non handicapés.

Loisirs Pluriel accueille tous les types de handicap. Nous nous intéressons au type de handicap de l’enfant lorsque nous sommes sûrs d’avoir une place pour lui et seulement pour déterminer comment nous allons l’accueillir et non pour décider si nous allons l’accueillir. Il n’y a pas de sélection. Ce qui cause certains problèmes d’organisation, c’est certain, mais c’est la raison d’être de l’association d’apporter un service à tout le monde ! En outre, nous accueillons à la fois des familles de Paris et de banlieue. Nous faisons en sorte que les enfants soient bien encadrés, en termes de nombre d’accompagnants, de compétences et de savoir-faire.

Nous avons un rapport encadrants/encadrés d’à peu près un pour trois sur une structure. Trois enfants, handicapés ou pas, pour un animateur ! Ce qui est largement supérieur au taux d’encadrement en centres de loisirs classiques. Les enfants valides bénéficient aussi de cet encadrement très resserré. C’est en partie pour cela que certaines familles avec des enfants non handicapés nous confient leurs enfants, car nous avons une atmosphère plus feutrée que dans un centre de loisirs classique. C’est très sécurisant.

La journée-type, pour l’accueil de loisirs, commence avec l’accueil des enfants, une séance où tout le monde se présente et se dit bonjour. Cette étape importante permet aux enfants d’avoir un rituel qui les met dans une situation de confort. Ensuite viennent les activités. Elles sont souvent thématiques, préparées en amont par l’équipe d’animation et communiquées aux familles. Tous les enfants y participent, quel que soit le niveau de handicap. Les animateurs s’adaptent en fonction des enfants. Le principe est que tout le monde joue ensemble. Nous ne faisons pas de groupes de niveau, c’est vraiment une activité commune. Des sorties sont aussi organisées.

A Cap’Ados, nous sommes beaucoup plus axés sur l’extérieur. L’objectif est d’emmener les ados dans le monde extérieur et de leur faire faire des activités d’adolescent. Nous allons au bowling, au restaurant, au cinéma, au spectacle, etc. Des activités d’ado quoi ! En général, nous faisons au moins une sortie par journée ouverte. C’est dans ce cadre qu’ils vont parfois aux séances Ciné-ma différence.

Un souvenir particulier de séance ?

C’est un souvenir que je n’ai pas vécu en direct car j’étais au niveau des caisses à ce moment-là : Zachary, un enfant, a fait le speech d’introduction de la séance avec Bertrand. On me l’a juste raconté et j’ai vu une photo, mais tout le monde avait des étoiles dans les yeux quand il le racontait. C’est un beau souvenir de nos séances, qui montre tout l’intérêt des séances Ciné-ma différence où les enfants, et pas que les enfants d’ailleurs, peuvent s’exprimer comme ils en ont envie.

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Un autre : lorsque nous avions projeté le documentaire Percujam [sur un groupe d’artistes autistes], suivi d’un échange avec l’un des producteurs du film. Tout à la fin, lorsque nous partions, des familles venaient le voir. Et là, une jeune fille en situation de handicap lui dit « Le film était super ! Ça fait plaisir de voir des gens handicapés comme moi qui font tout ça ». C’était hyper émouvant !

Un film à recommander ?

Plutôt qu’un film, ce sera une série de films : les Louis de Funès !
Ces films se regardent toutes générations confondues, à n’importe quel âge et ça marche toujours très bien. Ça plaît aux enfants, ça plaît aux parents ! Ça ne prend pas une ride ! Même en les regardant plusieurs fois de suite, ce qui est mon cas en ce moment avec ma fille de 11 ans. Je ris toujours autant que lorsque j’étais enfant. Excellent !
Et si je dois en recommander un en particulier, c’est La Folie des grandeurs.