Trois questions à Ciné-ma différence Bourges

Valérie Jarraud de Cap O’Cœur, présente l’association qui organise les séances Ciné-ma différence à Bourges.

Quelles sont les activités de l’association ?

L’association Cap O’Cœur, anciennement Argos, a organisé durant 20 ans des actions de sensibilisation au handicap, des interventions en entreprise sous la forme, très souvent, d’expositions, puis des interventions dans les écoles. Nous avons aussi créé un annuaire pour retrouver tous les acteurs du secteur. Au départ, l’association était un peu pionnière sur le sujet dans la région.

Aujourd’hui, n’ayant plus de salariés au sein de l’association, nous nous consacrons à 100 % à Ciné-ma différence.

Pour les séances Ciné-ma différence de Bourges, que nous proposons une fois par mois, nous avons la chance ici d’avoir des habitués, qui font de ces séances quelque chose de très familial. Nous avons recréé une famille où les gens sont heureux de se retrouver d’une fois sur l’autre. A chaque séance, il y a de jolis moments de tendresse entre les spectateurs et ça c’est très chouette !

Puis, nous avons toujours un très bel accueil du public ordinaire, qui est généralement très bienveillant. Nous avons aussi la chance de travailler avec le CGR qui, malgré un turn-over régulier au sein de l’équipe, nous a toujours suivi, soutenu. Lors de la séance anniversaire, l’équipe est toujours présente pour partager le gâteau avec nous et les spectateurs.

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Actuellement nous sommes 12 bénévoles à Cap O’Cœur, avec une moyenne de 6 bénévoles par séance, et nous continuons à recruter de nouveaux bénévoles. Nous avons besoin de voir arriver de nouvelles personnes, de nouvelles idées, justement pour ne pas s’essouffler !

Nous aimerions bien, par la suite, développer de nouveaux projets au sein de l’association, alliant culture et handicap. Et notamment, nous souhaiterions reprendre le festival Les Déglingués qui avait été créé par Argos.
Le festival Les Déglingués c’était, le temps d’une semaine, proposer à des personnes handicapées artistes d’intervenir et de nous faire partager leur univers. Donc nous avons eu des photographes aveugles, Jeff, un mec sourd qui fait de l’humour et qui est absolument génial, compréhensible par la communauté sourde et tout le monde en fait ! Donc c’était assez magique de pouvoir mélanger ces différences. Nous avons eu du théâtre, du chant, des mini-conférences, des vraies conférences avec Philippe Croizon. Le festival a duré 11 ans avec Argos, mais cela demandait énormément de travail. Le projet, pour nous aujourd’hui, est de reprendre le festival, en partenariat avec des étudiants peut-être.

Un souvenir particulier de séance ?

Je me souviens d’un film qui s’appelait Le Dernier loup, à mi-chemin entre le reportage et le film. Et j’avais un peu peur des réactions du public, car je pensais que ça allait être un peu violent, avec forcément des images de loups qui se battent, etc. En fait non, pas du tout ! Tout le monde avait été bien prévenu et nous, bénévoles, étions bien présents.
Par contre ce jour-là, je me suis faite alpaguer par Sébastien, un des jeunes qui vient habituellement et qui est très bavard. A chaque fois qu’il voyait un loup, il me tirait par la manche et me demandait « C’est quoi ça ? ». Alors je lui disais « Ça, Sébastien, c’est un loup ! ». Et dans la salle, il hurlait à chaque fois « Oh, Loup Loup ! ». Le truc, c’est que c’était un film sur les loups… Donc cela a fini en fou rire général, à cause du comique de répétition que cela a créé. Autant de surprise et de candeur à chaque fois, c’était génial !

Il y a eu aussi Fiona, une de nos habituées qui est décédée. Et j’ai été très très émue de voir les familles de Ciné-ma différence, qui ne la connaissaient pas en dehors des séances Ciné-ma différence, venir aux obsèques. C’est là où nous voyons que les séances Ciné-ma différence participent à créer une « famille » assez soudée. Aujourd’hui, Karen, la mère de Fiona, fait partie de l’association, elle y est très impliquée.

Un film à recommander ?

C’est un film qui traite un peu du handicap psychique, que nous avions beaucoup aimé lors de sa diffusion à Bourges et que nous avions revu avec l’équipe de LADAPT (l’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) pour leur soirée annuelle : Le Goût des merveilles avec Virgine Efira et Benjamin Lavernhe.
Ce film est vraiment très beau, peut-être peu compréhensible pour les enfants, mais plutôt à regarder à partir de 15 ans. C’est un film vraiment très touchant et qui aborde le handicap avec les côtés positifs. Les images sont aussi incroyables et notre public, ordinaire et extraordinaire, y est très sensible.