Le rôle des bénévoles d’accueil aux séances

Etre bénévole à une séance Ciné-ma différence

Ciné-ma différence est un réseau national animant des séances de cinéma ouvertes à tous, offrant un accueil qui les rend accessibles à des personnes en situation de handicap (autisme, polyhandicap…), souvent exclues des loisirs culturels, et à leurs familles.

Ces séances ont lieu le week-end, dans des cinémas classiques comportant une salle accessible.

On y apporte un minimum d’aménagements techniques - lumière s’éteignant doucement, son abaissé pour ne pas agresser des personnes pouvant souffrir d’hyperacousie.

Mais l’essentiel de l’aménagement repose sur une information de l’ensemble du public et sur un accueil chaleureux par des bénévoles formés, attentifs tout au long de la séance.

La visibilité des bénévoles

  • Les gilets jaunes les rendent visibles : d’un seul coup d’œil, ils sont identifiés par l’ensemble des spectateurs. Leurs interventions, qu’elles soient auprès d’une personne en situation de handicap ou bien non handicapée, sont légitimées. Les gilets servent de repère identique dans toutes les séances du réseau et permettent d’attirer l’attention sur les bénévoles plutôt que sur les spectateurs.
  • La lampe de poche permet bien sûr d’éclairer le chemin d’un spectateur qui se lève, de montrer les marches, d’éviter les obstacles éventuels. Elle joue aussi un rôle très important en traçant au sol un cheminement qui parfois à lui seul permet de raccompagner un spectateur à son fauteuil, elle rassure et permet souvent d’apaiser un moment d’angoisse.

A l’arrivée

L’accueil se fait sans discontinuité : depuis l’entrée dans le cinéma jusqu’à la caisse, puis tout le long du trajet jusqu’au fauteuil de cinéma. Un bénévole doit être présent dans la salle dès l’entrée du premier spectateur.

  • Accueillir avec un sourire, souhaiter la bienvenue aux spectateurs qui ne sont ni jugés, ni évalués : ils sont accueillis comme ils sont.
  • Les aider à s’installer et à patienter en attendant le démarrage du film.
  • Donner aux spectateurs non handicapés une première information (remettre une plaquette, expliquer pourquoi ces séances existent).

Pendant le film

Les bénévoles sont répartis dans toute la salle, de façon à avoir une vision périphérique et à pouvoir ainsi anticiper les réactions. Ils sont attentifs à l’organisation du lieu qu’il faut connaitre et sécuriser selon les handicaps, pour aider plus efficacement.

Ils font attention aux sorties et issues de secours, aux marches et à l’accès à l’écran. Ils sont prêts · à intervenir, pour expliquer, rassurer, accompagner et plus généralement faire en sorte que chacun se sente bien. Attention cependant, il ne s’agit en aucun cas de remplacer la famille ou les accompagnants.

  • à éclairer quelqu’un, pour l’accompagner s’il éprouve le besoin de bouger de sa place, voire de sortir quelques instants.
  • à canaliser un spectateur un peu stressé, être attentif à quelqu’un qui bouge ou qui s’agite.
  • à rassurer les accompagnants si besoin, redire qu’aucun comportement ne dérange.
  • à aider, s’ils en ont les compétences, au transfert d’une personne en fauteuil.

Le bénévole doit être présent, vigilant, entourer mais surtout ne pas contraindre.

Après la séance

L’accueil des spectateurs va jusqu’au départ de ceux-ci. Tenir les portes. Penser à dire un mot d’au revoir. Faire un tour dans la salle, vérifier que tout est en ordre.

Le plus important :
L’accueil chaleureux
La disponibilité
La vigilance

Avoir conscience de la diversité des handicaps, ne pas prendre les choses pour acquises : toujours être en mesure d’anticiper l’évolution d’une situation.

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Témoignages de bénévoles

Je ne m’attendais pas à vivre des séances avec un public aussi calme, attentif, intéressé. Une ambiance chaleureuse et gaie.
Bénévole à Nantes

Le regard reconnaissant de parents étonnés d’avoir « osé » venir pour la première fois avec leur proche confirme que l’idée si simple de « cinéma pour tout le monde » est en fait très audacieuse.
C’est un encouragement à continuer pour le bénévole, même s’il peut arriver aussi qu’un spectateur trop ému reparte avant d’avoir pénétré dans la salle. Il ne faut pas forcer et attendre qu’il s’apprivoise, peut-être la prochaine fois ?

Hélène, à Paris

Avec 2 autres bénévoles, je suis allée à l’extérieur pour accueillir les spectateurs. J’ai commencé à expliquer aux personnes qui attendaient à l’entrée, la raison pour laquelle nous étions là avec nos gilets jaunes. Patrick V. a précisé que seule la projection du film Loup était concernée par cette adaptation. Une personne qui n’allait pas voir Loup a répondu : “et même si c’était pour tous les films, cela ne nous gênerait pas”, c’est cela que j’ai trouvé particulièrement réconfortant, l’absence de rejet des spectateurs « ordinaires ».
Et puis, accueillir les personnes handicapées a été un vrai plaisir, tant on sentait le bonheur de venir au cinéma. “Ah voilà, c’est là !”. Des mains se sont tendues vers moi, ponctuées d’un “Bonjour Madame” enjoué.
Quand je suis entrée dans la salle où tout le monde était installé, j’ai été étonnée du calme. Je pensais qu’il y aurait plus de bruits et de comportements incontrôlés. A la sortie, j’ai pu dialoguer sur le film avec quelques personnes que j’avais accueillies ; toutes étaient ravies de la séance.
Une expérience très positive et chaleureuse, que je suis prête à renouveler.
Hélène, bénévole à ?

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